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RN 5 – Neige, avalanches et risques glaciaires

Dernière mise à jour : février 2014

Sommaire :

 

1  Définitions

La neige se forme par des températures très basses dans les nuages ; les conditions qui y règnent expliquent les diverses variétés de cristaux rencontrés ; lorsque ceux-ci, agglomérés en flocons, sont suffisamment lourds, ils tombent et, si les températures jusqu’au sol ne dépassent pas +2 à + 4°C, ils vont s’y déposer et, le cas échéant persister.

Couche après couche, perdant leur individualité et emprisonnant de l’air, ils vont constituer un manteau neigeux dont les caractéristiques évoluent continuellement. Sur une pente, ce dernier va être soumis à une lente reptation ; si son épaisseur et la déclivité (généralement au-delà de 25°, hors cas de neige très mouillée) sont suffisantes, il peut donner naissance à une avalanche, déplacement gravitaire rapide (plus de 1m/s) provoqué par une rupture d’équilibre en son sein, soit naturelle soit provoquée (par exemple suite au passage de skieurs, à la chute de corniches ou de rochers, à un tir à l’explosif).

A partir d’une certaine altitude (vers 3 000 m dans les Alpes), la neige ne va plus fondre d’une année sur l’autre mais s’accumuler : elle se transforme d’abord en névé puis, à partir d’une certaine profondeur sous l’effet de la pression, en glace ; la masse que constitue le glacier s’écoule lentement, subissant des phénomènes d’ablation à l’aval de sa ligne d’équilibre (correspondant à un bilan de masse nul) ; dans les zones de rupture de pente, se forment des séracs qui constituent des zones particulièrement instables, constituées de blocs de glace désolidarisés et entrecoupés de crevasses.

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2  Nature, causes et effets

Au cours de sa chute, la neige sera soumise surtout à l’action de la température et à celle plus brutale du vent ; au sol, le manteau neigeux subira les mêmes actions ainsi que celles dues à de nombreux autres facteurs, tels que : le rayonnement solaire, le rayonnement thermique, l’humidité de l’air, les précipitations, le flux géothermique, le poids des couches constitutives ; chacune de ces dernières va évoluer plus ou moins séparément selon sa structure, son épaisseur : les caractéristiques du multi-feuille et par là les conditions de sa stabilité se modifient progressivement (on parle d’ailleurs de métamorphose : de faible gradient ou d’isothermie, de moyen à fort gradient ou constructive, de fonte). En outre, la diversité inhérente à la nature des terrains (rugosité en particulier), à leur couverture végétale ou forestière ainsi que, du fait du relief, aux variations de pente et d’exposition s’ajoutent à cette complexité dont la compréhension est pourtant nécessaire pour évaluer le risque d’avalanche.

Dans la mesure où plusieurs sites internet spécialisés, cités par ailleurs, développent de façon souvent approfondie ces processus, les différentes typologies du phénomène avalancheux, etc., la présente fiche se limite à une présentation sommaire des éléments permettant d’appréhender les fondements de la prévention du risque.

 

2.1  Neige

La neige peut être soit sèche, soit humide et collante, soit mouillée.

Ce sont ces deux dernières catégories qui sont les plus perturbatrices, notamment pour les infrastructures ou zones urbanisées de vallées ou de plaines, non régulièrement concernées : perturbations graves au trafic (routier, ferroviaire ou aérien), ruptures de réseaux aériens (électriques, téléphoniques), dégâts ou chutes d’arbres, effondrement de structures (toits, serres), etc.

Par ailleurs, la neige plus légère transportée par le vent parfois sur de grandes distances peut s’accumuler à l’occasion d’accidents du relief provoquant alors de redoutables congères bloquant toute circulation.

 

2.2  Avalanches

Il existe de nombreux types d’avalanche et différentes classifications selon la qualité de la neige, la forme de la rupture, le comportement de l’écoulement.

  • Pour les pratiquants de la montagne, ce seront surtout les conditions de déclenchement qui les préoccuperont : en effet, dans 9 cas sur 10, les victimes déclenchent leur propre avalanche et ce sont les avalanches de plaque, soit de plaque friable soit de plaque dure, qui sont les plus fréquentes (9 cas sur 10) car les plus difficiles à localiser et à prévoir, à la différence des avalanches de fonte, du fait notamment des effets de vents aux directions variées, parfois tourbillonnaires, de la multiplicité des reliefs secondaires, etc.
  • Plus qu’aux conditions de départ qui requièrent toute l’attention des responsables communaux de la sécurité et des gestionnaires des domaines skiables ou des routes, les aménageurs et les constructeurs s’intéresseront aux conditions de l’écoulement(distances d’arrêt, hauteurs et pressions, etc.) ; c’est ainsi que sont distinguées :
    • les avalanches de neige dense ou avalanches coulantes : celles-ci s’écoulent sur un versant ou dans un couloir en suivant le relief et donc en intégrant toute éventuelle modification de celui-ci (comme par exemple le dépôt encore en place d’une avalanche récente), avec des vitesses dépassant rarement 120 km/h ; elles peuvent être constituées de neige sèche ou de neige humide et exercent des pressions dynamiques élevées à même de détruire des bâtiments ; par ailleurs, elles entrainent souvent, notamment les avalanches de fond, des blocs rocheux, des arbres, etc. à effet de bélier potentiellement redoutable ;
    • les avalanches aérosol ou avalanches de neige poudreuse : demandant des épaisseurs de neige sèche et froide conséquentes ainsi que des pentes raides et suffisamment longues pour permettre la formation d’un nuage constitué d’air et de cristaux de neige, s’autoalimentant le long de leur parcours et précédées ou non par une onde de surpression (le souffle), elles se développent sur des hauteurs bien supérieures aux avalanches coulantes (de 10 mètres à une centaine ou plus contre 1 mètre à une dizaine pour ces dernières), dévalent les pentes à des vitesses pouvant atteindre au front 300 km/h, s’affranchissent du relief et peuvent causer des dommages sur de vastes périmètres, y compris sur les versants opposés ; si la pression du souffle est faible mais susceptible néanmoins de causer des dégâts (arbres), c’est la violence, l’étendue et aussi la hauteur de l’aérosol (et notamment de sa partie la plus dense) qui expliquent leur effet destructeur. En outre, leur rareté surprend toujours ….
    • les avalanches mixtes, plus fréquentes que les poudreuses pures sous nos conditions climatiques.

A ces phénomènes, est rattaché celui du glissement de la neige sur talus qui peut également exercer des pressions importantes sur tout obstacle situé en pied.

 

2.3  Risques glaciaires

Les glaciers peuvent présenter divers aspects en surface (glacier blanc, glacier noir, glacier rocheux, ce dernier type traduisant la présence actuelle ou passée d’un pergélisol) et occuper des emplacements variés (calotte glaciaire, glacier de cirque, glacier de vallée, glacier de versant, glacier suspendu, etc.).

Les principaux risques, hors la chute en crevasse pour l’amateur de cimes et d’abymes, sont liés à la possibilité de :

  • survenance de crues glaciaires et de décrues, dont certaines ont eu, par le passé, des impacts catastrophiques sur les habitats et les activités ;
  • chute de séracs ou de glace, imprévisible, susceptible de déclencher à l’aval une avalanche de neige (cas par exemple des séracs dominant Taconnaz (74)) ;
  • débordement de lacs glaciaires (par exemple suite à une avalanche de glace ou à un mouvement de terrain), voire rupture de leur barrage naturel avec possibilité de crues ou/et de laves torrentielles à l’aval ; ces lacs peuvent être de différents types : lacs de surcreusement les moins dangereux, lacs barrés par une langue glaciaire aux débâcles souvent violentes, lacs de barrage morainique (ou lacs proglaciaires) et lacs supraglaciaires relativement faciles à surveiller et à ausculter ;
  • vidange brusque de poches d’eau soit intra-glaciaires soit sous-glaciaires, à la détection difficile et au comportement mal connu.

 

2.4  Et le changement climatique ?

A titre indicatif et d’une façon très approximative, il est possible d’assimiler une hausse de 1°C de la température moyenne à une translation du climat de l’ordre de 150 km vers le nord ou à une remontée en altitude de 150 m.

Les modélisations, notamment celles réalisées dans le cadre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ne permettent pas aujourd’hui de prendre en compte la diversité des phénomènes locaux liés à la topographie, aux effets de vallée, à l’altitude, etc. et encore moins les phénomènes rares ou extrêmes qui sont à la base de la gestion des risques.

En matière d’enneigement, les chercheurs s’accordent sur une diminution significative de la couverture neigeuse en dessous de 2 000 mètres d’altitude dès les prochaines décennies (cf. projet SCAMPEI (Scénarios climatiques adaptés aux zones de montagne : phénomènes extrêmes, enneigement et incertitudes) coordonné par Météo France).

En matière d’avalanches, il faut vraisemblablement s’attendre à une modification des types, fréquences et répartitions des phénomènes en relation avec l’évolution des conditions nivo-météorologiques et notamment de leurs particularités, s’inscrivant dans celle plus générale du climat (augmentation possible par exemple des cas de chutes de neige importantes sur sol non gelé favorisant les « gueules de baleine » et pouvant évoluer, à l’occasion de redoux hivernaux, en grosses avalanches de glissement). Les ingénieurs-chercheurs de l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (Irstea, ex Cemagref) ont ainsi pu mettre par exemple en évidence une augmentation du nombre d’avalanches humides, parcourant de moindres distances, au cours des 40 dernières années. Néanmoins, avec ceux du Centre d’étude de la neige (CEN) – Météo France –  et du Pôle alpin d’études et de recherche pour la prévention des risques naturels (PARN), ils n’excluent pas pour autant la possibilité de survenance d’évènements extrêmes pouvant atteindre ou même dépasser les plus forts connus à ce jour.
Pour tenter de quantifier l’évolution à venir de l’activité avalancheuse dans les Alpes françaises, le ministère en charge de l’Environnement a confié à Irstea et au CEN le projet ECANA (étude climatologique de l’activité avalancheuse naturelle) : à partir d’une modélisation du lien avalanche-climat à l’échelle annuelle et de l’analyse d’épisodes d’activité intense, les équipes doivent évaluer l’impact du changement climatique futur sur l’activité avalancheuse, pour les périodes 2021-2050 et 2071-2100 et sous 3 scénarios de réchauffement climatique.

Quant aux glaciers, considérés comme de bons indicateurs de l’évolution du climat (par étude de l’évolution de leur bilan de masse), ils vont poursuivre leur recul et, pour ceux dont les bassins d’alimentation sont situés en-dessous de leur ligne d’équilibre (qui va remonter malgré des précipitations hivernales vraisemblablement en hausse) disparaitre à terme. Une plus grande disponibilité de matériaux non figés de ce fait ainsi qu’un dégel superficiel du pergélisol sont de nature à accroitre en altitude le transport solide par les torrents, voire à provoquer des mouvements de terrain. Par ailleurs, un certain nombre de glaciers froids (situés aujourd’hui au-dessus de 4 000 m environ) et de ce fait adhérents à la roche risquent d’évoluer en glaciers tempérés soumis à la fonte estivale, avec éventualité selon la topographie d’effondrement en masse. En ce qui concerne les autres phénomènes d’origine glaciaire, les chercheurs (Irstea, Laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement (LGGE), PARN) s’attendent à une certaine multiplication de leur manifestation (comme par exemple l’apparition de nouveaux lacs pro-glaciaires) sous l’effet de l’augmentation des températures moyennes prévue.

PARN, La lettre d’information Alpes-Climat-Risques n°1 à 3, 2012-2014, 63 p. Téléchargeable ici en pdf et sur le site du PARN

 


Projet ECANA  sur le site Observation des avalanches

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3  Mesures de prévention des chutes de neige, avalanches et risques glaciaires

La prévention contre les avalanches apparait, de même que pour la plupart des risques, comme une politique évènementielle qui se construit sur les retours d’expérience de catastrophes successives, heureusement relativement rares en ce domaine.

C’est la destruction de l’hôpital militaire de Barèges (65) en 1860 qui est à l’origine des premières mesures de protection : pose de plus de 5 000 pieux en fonte reproduisant une forêt artificielle et construction de barrages en pierre par le génie. La politique de Restauration des terrains en montagne (lois de 1860, 1864 et 1882) permettra le traitement, essentiellement par le reboisement, d’une centaine de sites avalancheux particulièrement menaçant.

L’avalanche de l’Union nationale des centres sportifs de plein air (UCPA) à Val d’Isère (73) en 1970 – 39 morts et 40 blessés – ainsi que le même hiver la catastrophe du sanatorium pour enfants le Roc des Fiz au plateau d’Assy (74) – 71 victimes – du fait de coulées boueuses suite à un important glissement amenèrent le gouvernement à mettre en œuvre les conclusions du rapport Saunier ; parmi les 7 mesures préconisées, découlent notamment la création de l’Association nationale pour l’étude de la neige et des avalanches (ANENA), la réalisation d’une carte inventaire des sites d’avalanche devenue la carte de localisation des phénomènes d’avalanche (CLPA), la pratique du zonage réglementaire (plans des zones exposées aux avalanches (PZEA), plans des zones exposées aux risques naturels (PZERN)), la mise en place d’un service nivo-météorologique, la reconfiguration des services de Restauration des terrains en montagne (RTM), etc.

L’avalanche de Montroc à Chamonix (74) en 1999 – 12 victimes et 14 chalets détruits – entraina, outre la révision du PPR communal, la rénovation du dispositif d’observation des avalanches (devenu orphelin suite à la création d’un ministère en charge de l’Environnement), la rédaction de guides méthodologiques, etc.

Enfin, le retour d’expérience sur la gestion de la crise avalancheuse de l’hiver 2008-2009 dans les Alpes du Sud a été l’occasion de dresser un bilan d’étape sur l’efficacité des mesures prises suite à Montroc et sur les améliorations encore souhaitables.

Rapport de la Mission interministérielle d’étude sur la sécurité des stations de montagne, dit rapport Saunier, juillet 1970, 71 p. Téléchargeable ici en pdf et sur le site Observation des avalanches

 

B. Glass, Ph. Huet, M. Rat et R. Tordjeman, Retour d’expérience sur l’avalanche du 9 février 1999 à Montroc, commune de Chamonix (après phase contradictoire), IGE et CGPC, octobre 2000, 74 p. Téléchargeable sur le site de la Documentation française

 

Y. Cassayre et D. Laurens, Retour d’expérience sur les avalanches de l’hiver 2008-2009, CGEDD, février 2010, 42 p. + annexes. Téléchargeable ici en pdf et sur le site du CGEDD

 

La réalité du risque glaciaire en France a été rappelée en particulier par les interventions qui ont dû être réalisées en extrême urgence en 1985 sur le lac proglaciaire de Arsine (05), en 2004 sur le lac supraglaciaire de Rochemelon (73) ainsi que depuis 2010 sur la poche d’eau de Tête Rousse (74) pour éviter à l’aval toute situation catastrophique, du fait d’une probable vidange brutale des eaux ainsi accumulées et des phénomènes érosifs associés (cf. la rupture, dans la nuit du 11 au 12 juillet 1892, de la poche d’eau du glacier de Tête Rousse qui a provoqué une lave torrentielle ayant fait au moins 175 victimes à Saint-Gervais, en particulier aux thermes du Fayet).

Aussi, le ministère en charge de l’Environnement, par sa Direction générale de la prévention des risques (DGPR), a chargé le PARN d’organiser un séminaire technique sur la gestion des risques d’origine glaciaire et périglaciaire dans le but de faire un état des lieux préparatoire à la mise en place d’un programme d’actions. Scientifiques, experts et services opérationnels (y compris italiens et suisses) ont d’abord traité des problématiques de la détection des situations à risques, de la caractérisation de l’aléa et de la gestion des sites exposés ; après avoir discuté des actions à promouvoir pour améliorer la prévention et la gestion de ces risques qui présentent une grande diversité dans un milieu difficile et dans un contexte à forte incertitude technique et scientifique, ils se sont enfin interrogés sur la possibilité d’évoluer de la gestion de l’urgence vers l’anticipation.


Séminaire technique « Gestion des risques d’origine glaciaire et périglaciaire », 12-13 mars 2012
sur le site risknat.org

 

3.1  La connaissance des phénomènes, des aléas et des enjeux

La carte de localisation des phénomènes d’avalanche (CLPA), l’enquête permanente sur les avalanches (EPA) et le dispositif sites sensibles aux avalanches (SSA) sont les composants essentiels du système d’information consacré aux avalanches, mis à disposition de tous par le ministère en charge de l’Environnement sur un site spécifique internet ; outre les donnée collectées par l’Office national des forêts (ONF) (agences et RTM) et Irstea (ex-Cemagref), régulièrement actualisées, il donne également accès à toute la documentation associée : méthodologies, précautions d’emploi, fiches signalétiques, etc.

  • La carte de localisation des phénomènes d’avalanche (CLPA) :

Cette cartographie des limites extrêmes d’évènements connus, couvrant environ 850 000 ha dans les massifs alpin et pyrénéen, fait l’objet d’une actualisation annuelle, avec report d’éventuels évènements nouveaux, et de révisions périodiques. Ce n’est en aucun cas une cartographie d’aléas ou de risques ; c’est par contre un document de référence à prendre en compte préalablement à tout aménagement ou dans un objectif de gestion de crise.

Elle est également accessible sur le Géoportail (ainsi que sur Cartorisque), permettant ainsi une visualisation très rapide des avalanches connues sur un site ou un secteur déterminé, sous réserve qu’il soit effectivement couvert par une CLPA ; ne peuvent cependant être directement consultés les documents associés et la mise à jour des emprises n’est pas effectuée actuellement aussi régulièrement que sur le site Observation des avalanches.

  • L’enquête permanente sur les avalanches (EPA) :

C’est une chronique descriptive d’événements d’avalanches sur des sites sélectionnés, menée depuis 1900 sur les Savoies puis étendue en 1920 aux autres départements alpins et en 1963 aux départements pyrénéens par l’administration forestière puis par l’ONF avec le concours du CTGREF devenu ensuite Cemagref et enfin Irstea.

Ses données (plus de 70 000) sont utilisées à diverses fins : prévention locale, études à base statistique pour mieux cerner la variabilité des phénomènes, pour évaluer l’impact éventuel du changement climatique ou pour développer des modèles probabilistes en vue d’une gestion intégrée à long terme du risque d’avalanche (cf. projet MOPERA (modélisation probabiliste pour l’étude du risque d’avalanche)et projet ECANA).

Une importante opération de rénovation a été menée entre 2002 et 2006, conduisant à redéfinir les sites à observer, les conditions d’observation et les modalités de collecte des données. Environ 4 000 sites font actuellement l’objet d’observations de toutes les avalanches qui s’y produisent au-delà de seuils prédéfinis.

  • Le dispositif sites sensibles aux avalanches (SSA) :

Suite au rapport Inspection générale de l’environnement (IGE) – Conseil général des ponts et chaussées (CGPC) sur l’avalanche de Montroc et à la demande du ministère en charge de l’Environnement, les services (inter)départementaux RTM de l’ONF ont établi en 2003 une liste des sites d’avalanches concernant des enjeux de bâtiment et de communication dans les 13 départements les plus concernés (soit 3 191 sites dont 1 276 concernant des bâtiments, domaines skiables et domaines de montagne non aménagés exclus).

A partir d’une méthodologie développée par le Cemagref (aujourd’hui Irstea) et avec l’appui de ce dernier, les services RTM ont ensuite identifié pour l’ensemble des départements français soumis au risque d’avalanche les sites les plus sensibles (bâtiments habités et accessibles par une voie ouverte à la circulation hivernale) avec indication de leur degré de vulnérabilité : ces sites relèvent seuls de l’appellation SSA.

MEEDDAT, ONF et Cemagref, Guide d’utilisation des cartes de localisation des phénomènes d’avalanche, 2008, 8 p. Téléchargeable ici en pdf et sur le site Observation des avalanches

 


CLPA, EPA, SSA, projets MOPERA et ECANA sur le site Observation des avalanches

 


Base de données de RTM sur le site rtm-onf.ifn.fr

 

En ce qui concerne les risques glaciaires, une base de données européenne d’événements d’origine glaciaire a été constituée en 2004 dans le cadre du projet GlacioRisk ; un nouveau projet Interreg Alcotra (Alpes latines coopération transfrontalière) a été mené sur la période 2010-2013 pour apporter des réponses aux risques induits par le retrait glaciaire : GlaRiskAlp. Au niveau national français, il n’existe pas actuellement de dispositif véritablement coordonné s’appuyant sur les divers systèmes d’observation, voire de surveillance, existants (LGGE, Parcs nationaux, RTM/ONF, Irstea, Association Moraine) ou s’avérant prometteurs (observations satellitaires par exemple).

 

3.2  La surveillance, la prévision, la vigilance et l’alerte

Météo France établit et diffuse deux types d’information selon le public concerné :

  • A l’attention des pratiquants de la montagne enneigée (ski hors domaines sécurisés des stations : ski hors-piste en station, ski-alpinisme, randonnée à raquettes, etc.), des bulletins d’estimation du risque d’avalanche (BRA) sont émis chaque jour ou au moins 2 fois par semaine selon la période d’observation (hiver- printemps) pour chacun des différents massifs constitutifs des Alpes, des Pyrénées et de la Corse.

Cette prévision s’appuie sur un réseau de stations automatiques de haute montagne mesurant en temps réel hauteurs de neige, température et vent (balises nivôses) et sur un réseau d’observateurs nivo-météorologiques (pour l’essentiel, pisteurs-secouristes des stations de ski) effectuant des mesures de terrain. Ces données servent ensuite d’entrées à diverses modélisations, en particulier celles de la chaine SAFRAN (qui fournit toutes les variables météorologiques de surface à l’échelle spatiale du massif étudié et de ses principaux versants), CROCUS ( qui simule et prévoit l’évolution temporelle des principales variables du manteau neigeux dont les phénomènes de métamorphose des grains) et MEPRA (qui complète les résultats précédents par une estimation des principaux paramètres mécaniques de chaque couche pour évaluer la stabilité du manteau).

Le niveau de risque d’avalanche peut alors être explicité au niveau de chaque massif, traduit sous forme de degré sur une échelle européenne à cinq niveaux (décrite dans le guide avalanche de Météo France référencé ci-dessous) et mis à disposition du public. Il est également matérialisé dans les stations, le cas échéant après adaptation locale, au travers du drapeau d’avalanche (avec 3 types distincts) pour attirer l’attention du public sur les conditions régnant hors du domaine sécurisé de la station.

  • A l’attention des préfectures, des services, des élus et du grand public, la carte de vigilance météorologique concernant par département d’une part le risque d’avalanche, d’autre part le risque neige-verglas est mise à disposition, comme pour les autres risques suivis, au moins 2 fois par jour dans un objectif de protection civile avec, lorsqu’un département est classé en orange ou en rouge, une procédure de suivi spécifique et la diffusion d’un bulletin de vigilance décrivant le phénomène et prodiguant, au vu de ses conséquences prévisibles, les conseils de comportement appropriés.

C’est à partir du niveau orange qu’est mis en œuvre par le préfet de zone ou de département un dispositif d’alerte destiné aux maires, aux Conseils généraux et aux services opérationnels.

Compte tenu d’objectifs et d’enjeux différents, l’échelle de risque du BRA (qui donne une place importante au risque accidentel) ne développe que les niveaux inférieurs du bulletin de vigilance avalanches : c’est ainsi qu’en première approximation on peut considérer que le drapeau jaune correspond au niveau vert, le drapeau à damiers au niveau jaune et le drapeau noir aux niveaux orange et rouge du bulletin de vigilance.

Au niveau local, une prévision complémentaire, plus fine, est bien souvent nécessaire : c’est ce que font depuis longtemps les services des pistes des stations pour sécuriser leur domaine skiable ainsi que plus récemment les gestionnaires de réseaux routiers et certaines communes particulièrement menacées, par passation de conventions sur la saison soit avec des services assurant déjà cette mission de prévision locale du risque d’avalanche (PLRA) à proximité immédiate (comme les services des pistes) soit avec des experts spécialisés. La prédiction est un exercice délicat qui nécessite une compétence élevée de la part de l’expert ; l’intervention de celui-ci doit s’étendre sur toute la période hivernale (et pas seulement à l’occasion d’une situation de pré-crise ou lors de celle-ci) : il convient en effet de bien maitriser l’historique des sites, de connaitre l’évolution des conditions nivo-météorologiques au cours de la saison et les avalanches déjà survenues, d’assurer un suivi régulier des conditions d’enneigement et de l’évolution du manteau neigeux, de définir des seuils d’alerte, etc..

Le tableau ci-après dresse une comparaison sommaire et purement indicative entre ces trois approches vis-à-vis du risque d’avalanche :

 

Météo France, Guide avalanche (édition 2012-2013), décembre 2012, 23 p. Téléchargeable ici en pdf et sur le site de Météo-France

 


Page des Prévisions Montagne – bulletins neige et avalanches sur le site de Météo France

 


Carte de vigilance pour la métropole, sur le site de Météo-France.

 

3.3  L’éducation et l’information préventive

Aux actions générales menées par l’Etat sur une base identique avec les adaptations nécessaires à la nature du risque, s’ajoutent celles très spécifiques conduites par l’ANENA, les différents clubs (Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM), Fédération française de la montagne et de l’escalade (FFME), etc.) et les professionnels de la montagne (notamment guides, accompagnateurs, pisteurs-secouristes).

La création de l’ANENA, suite au rapport Saunier, répondait à un besoin à la fois de coordonner et susciter actions ou recherches dans les domaines de la neige et des avalanches, de favoriser la concertation entre spécialistes et de diffuser les informations permettant une meilleure prise en compte du risque par les usagers. Aujourd’hui, ses actions sont surtout orientées vers la formation du personnel des stations de ski (notamment pisteurs-secouristes en charge du déclenchement préventif des avalanches et maitres-chiens) et vers la formation/information préventive des randonneurs (à ski, à raquettes, …) et des pratiquants de ski hors-piste.


Fiche DGi1 : Information préventive des populations

 

MEDD, Les avalanches – Dossier d’information, mai 2005, 21 p. Téléchargeable ici en pdf et sur le site prim.net

 

MEDD, MAAPAR, Région PACA et ONF/RTM, Guide d’emploi à destination des élus : la CLPA – La Carte de Localisation des Phénomènes d’Avalanche –, 2004, 20p. Téléchargeable ici en pdf et sur le site Observation des avalanches

 


Page sur les avalanches sur le portail interministériel de prévention des risques majeurs

 


Site de l’ANENA

 

3.4  La prise en compte des risques dans l’aménagement et l’urbanisme

C’est véritablement suite au rapport Saunier qu’une méthodologie s’est développée en France sur les modalités pratiques de la prise en compte du risque dans l’aménagement, d’autant qu’en montagne le développement des stations (Plan neige) concernait souvent des sites vierges et peu ou pas étudiés. Le CTGREF (aujourd’hui Irstea) et les directions départementales de l’agriculture et de la forêt (DDAF), appuyés par les services RTM alors placés sous leur autorité, développèrent, en coordination avec les directions départementales de l’équipement (DDE), des savoir-faire particuliers au travers des PZEA et PZERN (documents informatifs, constitués d’un zonage et d’un règlement – contenant alors des dispositions d’urbanisme et souvent aussi des dispositions constructives – et devenant opposables soit par intégration dans un plan d’occupation des sols (POS), soit via la procédure du R111-3 du Code de l’urbanisme).

L’expérience ainsi acquise dans le domaine des avalanches, comme parallèlement en matière d’instabilités de terrain et d’inondations, fut à la base ensuite de la conception des plans d’exposition aux risques naturels prévisibles (PER) puis des plans de prévention des risques naturels prévisibles (PPRN).

Le zonage de l’aléa se fait à dire d’expert, avec de plus en plus en complément le recours à des modélisations ; toutefois, celles-ci ne font pas à ce jour de cadrage national permettant une prise en compte homogène du risque (concernant par exemple les conditions de départ ou la nature de la pression dynamique à retenir comme critère d’intensité).

Dans les zones à risque acceptable, l’urbanisation (regroupement, forme des bâtiments) doit être conçue en conséquence et prendre en compte les sollicitations exercées par de possibles avalanches. La consultation du guide construire (voir § 3.5) peut déjà guider la réflexion à l’occasion de l’élaboration d’un PPRN ou, par intégration directe de l’aléa, d’un plan local d’urbanisme (PLU) ainsi que lors de l’instruction d’un dossier d’urbanisme en l’absence de tout document réglementaire ou en cas de connaissance de données nouvelles (évènements, expertises).

La mise à disposition d’un guide méthodologique spécifique PPR avalanches est toujours à la peine compte tenu notamment de la difficulté de prendre en compte les évènements exceptionnels (problématique par ailleurs beaucoup plus générale et non spécifique au seul risque d’avalanche) et des craintes de mise en cause judiciaire exprimées par de nombreux élus, experts, fonctionnaires et responsables de collectivités territoriales, que ce soit du fait du zonage ou lors de la gestion de crise.

D’une façon très générale, toute décision dans le domaine des risques doit tenir compte de la notion d’incertitude ; celle-ci est particulièrement élevée en ce qui concerne le risque avalancheux (par exemple pour l’appréciation des périodes de retour et de la détermination de l’avalanche ou des avalanches de référence, l’interaction écoulement/obstacle, les conditions de déclenchement) : l’amélioration des connaissances est aujourd’hui recherchée surtout au travers de programmes européens, tels Interreg Alcotra, qui par la coordination des équipes de chercheurs permettent une meilleure valorisation des expérimentations de laboratoire ainsi que des mesures de terrain dont celles effectuées sur des sites pilotes spécialement équipés (tels que Lautaret (05) ou Taconnaz (74) en France, La Sionne en Suisse, Mount Pizzac et Punta Seehore en Italie, etc.).


Fiche DGa2 : La traduction des aléas en zonage réglementaire

 

Fiche DGa3 : Plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPRN) et Plan de prévention des risques miniers (PPRM)

 

P. Guignard et J.-Y. le Gallou, Modalités de prise en compte des avalanches exceptionnelles pour améliorer la prévention des risques et renforcer la sécurité des personnes, CGEDD et IGA, avril 2011, 75 p. Téléchargeable ici en pdf et sur le site du CGEDD

 

3.5  La réduction de la vulnérabilité au niveau des enjeux

Si le risque prévisible d’avalanche n’apparait pas acceptable vis-à-vis de la sécurité des personnes, il convient de recourir aux mesures de délocalisation par voie amiable ou à défaut par expropriation.


Fiche DGa5 : Outils fonciers pour délocalisation de biens gravement menacés

 

Pour tout projet en zone de risque acceptable, les constructeurs auraient intérêt à se reporter au guide ministériel diffusé en 2004 ; ils pourront aussi utilement compléter leur documentation, notamment pour dimensionner les structures, par la lecture du cahier de recommandations mis à disposition des constructeurs, des assurés et aussi des autorités (suisses) par l’Association des établissements cantonaux d’assurance incendie suisses (VKF/AEAI) pour leur permettre de se prémunir individuellement, qu’il s’agisse de bâtiments existants ou à réaliser.

En matière de neige, c’est l’Eurocode 1 qui s’applique désormais, avec ses annexes nationales (en substitution aux règles antérieures neige et vent) en matière de dispositions constructives, mais ici encore le cahier correspondant VKF/AEAI peut apporter des précisions techniques complémentaires.


Fiche DGa9 : Réduction de la vulnérabilité sur le bâti existant

 

MEDD et METLTM, Construire en montagne : la prise en compte du risque d’avalanche, 2004, 80 p. Téléchargeable ici en pdf et sur le site Observation des avalanches

 

Page de téléchargement des Recommandations de l’Association des établissements cantonaux d’assurance incendie (AEAI, CH  Berne) : Protection des objets contre les dangers naturels gravitationnels (table des matières, introduction, avalanches, annexe), 2005.

 

Page de téléchargement des Recommandations de l’Association des établissements cantonaux d’assurance incendie (AEAI, CH  Berne) : Protection des objets contre les dangers naturels météorologiques, (table des matières, introduction, neige, entretien, annexe), 2007.

 

3.6  Les dispositifs de protection collective

Le choix d’un dispositif de protection collective peut s’avérer délicat, compte tenu de diverses contraintes, telles celles inhérentes au site d’implantation, au phénomène avalancheux, aux enjeux et aux objectifs de protection, à la réglementation, au financement, etc. Par ailleurs, au vu de l’évolution des connaissances ou de la réglementation, de l’expérience acquise, etc., une révision périodique du dispositif ne peut jamais être exclue.

Les mesures mises en œuvre peuvent être complémentaires associant par exemple défense temporaire et défense permanente ou génie civil et génie biologique :

 

 

  • Défense temporaire :
    • sur le domaine skiable, c’est le damage des pistes (ce qui accroit la cohésion au sein et entre les différentes couches du manteau neigeux) ;
    • ce peut être le recours au déclenchement préventif des avalanches, effectué toujours sous la responsabilité du maire et selon des règles de sécurité strictes définies par le plan d’intervention pour le déclenchement des avalanches (PIDA) pour assurer la protection du domaine skiable ou de routes (quel que soit leur statut) ; et, si nécessaire, leur fermeture ;
    • ce peut être aussi l’évacuation préventive ou des restrictions dans les déplacements en ce qui concerne les lieux habités et leurs abords.
  • Défense permanente :
    • protection active dans les zones de départ (secteurs de déclivité comprise entre 30 et 50° en général, zones de décrochement) par modification de la rugosité du sol (banquettes étroites, drainage), par reboisement, par mise en place d’ouvrages de génie civil pour fixer le manteau neigeux (râteliers, claies, filets) ou pour utiliser l’action du vent (barrières à neige, vire-vents, toits-buses) ;

    • protection passive à proximité des enjeux par déviation (galerie, tremplin, tourne, digue, étrave), par freinage (tas, dent, etc.), par arrêt (digue, mur) ou par signalisation (détecteur routier d’avalanche par exemple).

Vis-à-vis de la neige (et du verglas), la défense temporaire se trouve privilégiée : salage, déneigement, gestion de la végétation à proximité des constructions et des infrastructures sensibles, notamment linéaires (lignes électriques par exemple à défaut de leur enfouissement). Dans le cas particulier de lutte contre les congères, les actions porteront essentiellement sur le contrôle et l’utilisation du vent (reboisement ; barrières et filets à neige) ainsi que sur le remodelage, si nécessaire, des terrains au droit ou à proximité de l’enjeu (cas par exemple de routes encaissées ou pourvues d’accotements inadaptés).

Pour sécuriser les lacs glaciaires, les techniques utilisées consistent à conforter les déversoirs naturels ou à abaisser leur niveau, à recourir au pompage ou à mettre en place un système de vidange permanente (galerie par exemple), à installer un dispositif de vigilance et d’alerte associé à des mesures d’évacuation, avec prise en compte dans le plan communal de sauvegarde (PCS).

Tout dispositif de protection doit enfin pour rester opérationnel faire l’objet d’une surveillance régulière attentive et ensuite, si nécessaire, des entretiens préconisés ; une attention particulière doit être portée à la forêt dans les zones de départ (prise en compte d’une éventuelle perte d’efficience, modalités d’exploitation adaptées, protection en cas d’avalanches se déclenchant également en amont,).


Fiche DGa8 : Les ouvrages de protection collective contre les risques naturels

 

3.7 La préparation aux situations critiques

Sur le domaine skiable, le maire est responsable de la sécurité et des secours dans le cadre de son pouvoir de police générale : il établit notamment le plan communal d’organisation des secours et confie par convention au service des pistes les diverses missions de sécurisation des pistes, d’information des pratiquants, d’organisation des secours, etc. Le domaine skiable d’une station correspond au territoire accessible par gravité depuis le sommet des remontée mécanique et comporte donc aussi bien les pistes sécurisées, balisées, ouvertes et fermées par le service des pistes que le domaine hors-piste ni sécurisé ni balisé, fréquenté sous la responsabilité des skieurs qui doivent s’équiper en conséquence ; ce domaine hors-piste peut être interdit partiellement, dans l’espace et dans le temps, par le maire en s’appuyant sur l’existence de risques majeurs.

Hors du domaine skiable, la responsabilité des pratiquants est entière : pour minimiser la prise de risques, ils doivent préparer avec soin leur sortie en tenant compte de la composition de leur groupe et en s’appuyant sur divers outils d’aide à la décision dont en particulier le BRA ; selon les conditions rencontrées sur le terrain, ils pourront être amenés à modifier leur itinéraire, à limiter leurs ambitions, voire à renoncer ; ils doivent enfin être correctement équipés (vêtements chauds, couverture de survie, trousse de secours, etc.) et se munir au minimum de l’ensemble détecteur de victime d’avalanche( DVA) + sonde + pelle – et savoir l’utiliser – car l’auto-sauvetage est primordial, les chances de survie étant importantes en cas de dégagement dans le premier quart d’heure et diminuant fortement ensuite, surtout après une heure d’ensevelissement.

Dans la mesure où sur ce domaine « montagne », les moyens nécessaires à la recherche, à l’appareillage et au transport des accidentés (généralement suite à des activités sportives ou de loisirs) nécessitent des ressources humaines et des moyens dépassant les capacités d’une commune, c’est l’Etat qui assure les secours : aussi, le préfet élabore et met en œuvre le plan départemental de secours en montagne dans le cadre du dispositif ORSEC (Organisation de la réponse de sécurité civile), en faisant appel notamment aux unités spécialisées de la gendarmerie, des compagnies républicaines de sécurité (CRS) et, le cas échéant, du service départemental d’incendie et de secours (SDIS).

Pour les communes susceptibles d’avoir à gérer une situation de crise avalancheuse susceptible de menacer des habitations, isolées ou non, ou des voies d’accès, il ne peut être que recommandé aux maires concernés d’établir et de faire vivre un plan communal de sauvegarde (PCS), que celui-ci soit obligatoire ou non : en effet, la gestion de crise se prépare hors période de crise, au travers notamment d’exercices de simulation, afin d’être apte à répondre le moment venu à tous les aspects d’un tel épisode et dans toutes ses phases. Pour aider les maires et leurs services à faire face à de telles situations, l’ANENA a mis à disposition un guide pratique sur la préparation et la gestion d’une crise avalanche.

Indépendamment du recours éventuel à un prestataire chargé de la prévision locale du risque, le maire peut constituer, si elle n’existe pas, une commission locale de sécurité (ou une section spécialisée de la réserve communale de sécurité civile (RCSC)) et lui confier diverses missions telles que : en début de saison s’assurer que toutes les dispositions prévues sont bien opérationnelles, observer, servir de relais d’information et, en situation de pré-crise ou de crise participer à l’analyse des données recueillies, évaluer la situation, conseiller, etc.

 


Fiche R8 : Plan communal de sauvegarde (PCS)

 


Fiche R9 : Réserves communales de sécurité civile (RCSC)

 


Fiche R10 : Traitement au niveau local de la vigilance et de l’alerte

 

ANMSM, Prévention, Sécurité, Secours sur les domaines skiables – guide pratique à l’usage des maires, mai 2008, 62 p. Téléchargeable ici en pdf et sur le site de l’ANMSM

 

ANENA, Guide pratique à l’intention des élus et des services communaux pour la gestion d’une crise Avalanche, hors activités sportives, mars 2013, 101 p. Téléchargeable ici en pdf et sur le site de l’ANENA

 

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Pour en savoir plus :


Jurisques 2013, fiche 46 : Avalanche, sur le site prim.net

 


Page Jurisque avalanche sur le site de l’ANENA

 


Page sur le risque avalanchesur le site Risques majeurs de prim.net

 


Prévoir le temps
sur le site de Météo France

 


Site de WSL Institut pour l’étude de la neige et des avalanches SLF (CH)

 


Site Data-avalanche.org

 


Site du Projet Alcotra RiskNat – Gestion des territoires de montagne (dont DynAval, pergélisol)

 


Site du service d’observation GLACIOCLIM


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